Edition originale : Strange Highways (novella), suivi des nouvelles The Black Pumpkin, Miss Attila The Hun, Down In The Darkness, Ollie's Hands, Snatcher, Trapped, 1972-1989. Traduction : Pocket (Coll. Terreur), 1995, Claude Califano. Né le 4 juillet 1945 à Everett, Pennsylvannie (USA), Dean Ray Koontz eut une enfance pauvre, placée sous la domination d'un père alcoolique et violent. Malgré cette enfance traumatisante, il fit ses études à l'université de Shippensburg en Pennsylvanie et, une fois son diplôme en poche, il travailla pour un programme d'aide à l'enfance défavorisée (Appalachian Poverty Program), où il devait remplir le rôle de tuteur auprès d'enfants défavorisés. Il apprit dès son premier jour de travail que son prédécesseur avait été agressé par les jeunes enfants qu'il essayait d'aider, et qu'il était hospitalisé pour plusieurs semaines. Cette première année de travail fut pour Koontz chargée de défis et de tensions, ce qui le motiva plus que jamais pour se construire une carrière d'écrivain. Il se mit à écrire de façon déraisonnée la nuit et les week-ends, tout en conservant son poste au sein du programme d'aide à l'enfance défavorisée. Il quitta finalement ce programme pour occuper un poste de professeur d'anglais dans une école des faubourgs d'Harrisburg, tout en continuant d'écrire frénétiquement. Au bout d'un an et demi, sa femme Gerda proposa à Dean Ray de le soutenir pendant une période de cinq ans, en insistant sur le fait que s'il ne publiait pas pendant cette période, il ne le ferait jamais. Avant la fin de cette période de cinq ans, Gerda avait quitté son poste pour s'occuper à temps plein de la carrière littéraire de son mari. Il plaisante souvent en encourageant ses fans à collectionner ses romans et nouvelles, tant qu'ils ne les lisent pas. A ce jour, en 2007, Koontz réside à Newport Beach, une ville du sud de la Californie (la plupart de ses romans sont basés dans cette région) avec sa femme Gerda et leur chienne Trixie Koontz, sous le nom de laquelle il a publié le livre Life is Good : Lessons in Joyful Living, en 2004. A présent, Dean Koontz écrit à un rythme moins soutenu, publie un roman par an, et s'accorde un jour de congé par semaine.... Spectres (Pocket – Terreur) Le masque de l'oubli (Pocket – Terreur) Peste grise (Pocket – Terreur) Une porte sur l'hiver (Pocket – Terreur) Lune froide (Pocket – Terreur) Tic Tac (Pocket – Terreur) Etranges détours (Pocket – Terreur) La nuit des cafards (Pocket – Terreur) Midnight (Pocket – Terreur) Koontz est un écrivain à qui le cours roman (ou novella) et les nouvelles sont parfaitement adaptés selon moi ; c'est là qu'on y retrouve toute sa force de frappe au niveau du suspense et de la terreur. Etranges détours est, à mon avis, un chef d'œuvre du genre. Il allie des récits fort bien construits, sans aucun temps mort, des personnages attachants dès les premières lignes, ainsi que des histoires dignes de la fameuse série télévisée des années soixante La quatrième dimension : tout commence dans un monde on ne peut plus normal et, à un moment de l'intrigue, le héros voit sa vie basculer d'un coup dans l'étrange, le fantastique ou l'horreur. La novella qui donne son titre à ce recueil en est un exemple parfait : Joey Shannon, alcoolique d'une quarantaine d'années à la vie ratée, revient dans sa ville natale après vingt ans d'absence, ce pour l'enterrement de son père. En quittant le village après les obsèques, s'ouvre miraculeusement à lui la route qu'il empruntait autrefois pour se rendre à l'université, une route barrée depuis des années suite aux effondrements d'une ancienne mine ayant définitivement clos le passage. Dérouté, Joey se demande si une deuxième chance lui est offerte de rattraper certaines erreurs et de corriger son passé. Décidant, finalement, de s'engager sur cette route qui ne devrait plus exister, il retrouvera ses vingt ans et certains noirs souvenirs qu'il avait occultés de sa mémoire, grâce à une jeune fille qu'il avait connue à l'époque, la sauvant d'un viol suivi d'un meurtre. Mais ce n'est que la première des épreuves que Joey devra affronter pour obtenir sa rédemption… Dans La citrouille noire, un jeune garçon, malmené par sa famille et, surtout, par son frère, ne peut empêcher ce dernier d'acheter à un vieux sculpteur à la face cadavérique une citrouille peinte en noire et décorée pour Halloween. Le vendeur accepte n'importe quel prix pour son œuvre mais, comme il le dit lui-même : « on n'a que ce qu'on donne »… Un conte macabre sur l'étroitesse des sentiments, la méchanceté gratuite et la pingrerie. Mademoiselle Attila raconte l'histoire d'une institutrice qui fera tout pour sauver sa classe, et par là, l'humanité, d'un envahisseur venu du cosmos. Pour ceux connaissant l'ancienne ou la nouvelle version du film Body Snatchers, ils comprendront de quoi je parle… Cette nouvelle, outre le fait d'exalter les joies que l'on peut retirer de l'enseignement, parle surtout de volonté et d'amour, deux caractéristiques propres à notre espèce selon l'auteur. Avec Dans les profondeurs des ténèbres, nous abordons l'un des thèmes majeurs de Dean Koontz : le noir et tout le mal qui peut s'y cacher. Dans le sud de la Californie, Jess et Carmen Gonzalez, d'origine mexicaine, ont réussi leur vie, avec l'aide de leurs trois enfants : A force de sueur, ils ont monté un restaurant qui marche fort bien. S'il n'y avait pas leur propriétaire, un personnage véreux et sans scrupules, tout serait pour le mieux. Jess a acheté une nouvelle maison mais il semble y avoir un problème : il est le seul, dans la famille, à remarquer une étrange porte dans la cuisine, apparaissant ou disparaissant à son gré… Une porte qu'il a l'audace d'ouvrir et qui le mène à d'insondables fondations après plusieurs centaines de marches, et à des ténèbres aussi lourdes que de la poix, avalant toute lumière et semblant habitées par quelque âme damnée. Voulant rencontrer l'ancien propriétaire, comme il est de coutume, afin qu'il lui montre les petits défauts de la maison, il reconnaît en lui le Vietnamien qui, deux ans durant, l'a torturé, alors qu'il était prisonnier des Viêt Công pendant la guerre. Le Vietnamien, lui, ne l'a pas reconnu. La tentation est alors grande de l'envoyer faire un petit tour dans cette étrange cave qui ne devrait pas exister et dont la porte est apparue fort à propos pendant leur discussion… Les mains d'Ollie nous parlent d'un homme muet, vivant quasi comme un clochard, mais pouvant, grâce à ses mains, guérir toute maladie mentale ou physique. Lorsqu'il rencontre dans une allée une junkie au bord de l'overdose et au visage de madone, il ne peut s'empêcher de l'emmener chez lui et de la guérir de son attirance pour l'héroïne, tout en renforçant l'assurance en soi qu'elle avait perdue depuis longtemps. Bien sûr, comme à chaque fois, l'esprit d'Ollie fusionne sans qu'il le veuille avec celui de la jeune femme et, comme à chaque fois de nouveau, elle en conçoit une telle peur qu'il ne peut qu'effacer de son esprit le fait qu'elle l'ait connu et essayé de l'oublier… Encore un des thèmes majeurs de Koontz : l'amour, souvent voire toujours incompris, la rédemption et le paiement de ses méfaits et, surtout, la solitude, dans laquelle chacun de nous est enfermé contre son gré. Avec Le voleur, nous entrons dans le monde des pickpockets, un domaine où le héros, Billy Neeks, excelle. Mais, avec sa ration habituelle de sacs, il en arrache un gros appartenant à une vieille femme qui, une fois ouvert, se trouve receler un puits insondable d'obscurité. Toutefois, malgré sa peur, Billy va y plonger la main, ce qui l'amènera à subir d'étranges expériences… Encore des thèmes classiques de Koontz : le noir, la vie solitaire, le piège (d'où souvent on ne sort pas). Pris au piège, la dernière nouvelle du recueil, touche aux manipulations génétiques. Meg Lassiter rentre chez elle avec son fils et se fait arrêter par un barrage routier posé par Biolomech, une industrie proche de chez elle, qui ne laisse repartir sa voiture qu'une fois dûment inspectée. Seulement, ce que Meg ne sait pas, c'est que plusieurs rats, génétiquement modifiés, aussi intelligents que l'homme et lui vouant une haine mortelle, se sont échappés. Si elle savait quels intrus s'étaient invités chez elle, Meg n'aurait certainement pas poursuivi son chemin, surtout pas avec un gosse de dix à la jambe plâtrée… Ici, le titre se passe de commentaires ! La plupart des thèmes de Koontz sont utilisés dans cette nouvelle : le piège, bien-sûr, mais aussi la solitude (en l'occurrence celle d'une ferme abandonnée au blizzard), l'amour de sa famille, également, et celui d'une femme prête à tout pour la sauvegarder. Bref, pour résumer tout cela, je dirais que ce recueil est une véritable bible des préoccupations et des thèmes jalonnant les œuvres de Dean Koontz. La peur du noir et de la solitude, celle du piège d'où l'on ne peut se dépêtrer et celle de l'emprisonnement (physique ou mental). La rédemption et le paiement de ses crimes, toujours douloureux. Le bonheur perdu (souvent par accident). L'amour (le plus souvent extrême). Les dons paranormaux. Une thématique en somme fort riche et dont Koontz nous fait partager le meilleur dans ses nouvelles ou ses courts romans.

L'auteur
Dans les années 1970, Koontz commença à publier des romans grand public de suspense et d'horreur, sous son propre nom ainsi que sous plusieurs noms de plume. Le roman qui a révélé Koontz au grand public est Whispers (1980). Depuis, vingt-deux œuvres écrites par lui ont atteint la première place de la liste des best-sellers publiée par le New York Times.Œuvres majeures
Résumé
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